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Le déficit d'inhibition latente

Photo du rédacteur: JohnJohn

Avant d’essayer d’expliquer en quoi consiste un déficit d’inhibition latente, il me semble primordial de vous expliquer ce qu’est l’inhibition latente. Il s’agit du terme employé pour expliquer comment l’observation d’un stimulus familier (ce que nous sentons, touchons, voyons, entendons ou goûtons fréquemment) prend plus de temps à acquérir un sens qu’un nouveau stimulus.


L’inhibition latente, c’est donc le tri qu’effectue le cerveau de façon automatique et sans effort pour distinguer un stimulus jugé utile, d’un stimulus inutile ou familier. Ce processus est présent chez tous les individus.


Toutefois, face à l’hyperesthésie, les zèbres reçoivent quantitativement et qualitativement un volume plus important d’informations. Devant cette vague constante de stimuli en tout genre, le cerveau des zèbres ne hiérarchise plus les informations reçues. C’est ce phénomène que l’on nomme le déficit d’inhibition latente.


Ainsi, un zèbre traitera de façon presque identique les stimuli familiers et les nouveaux stimuli. Le cerveau des zèbres est incapable de faire le tri face à toutes les informations qui le submergent. Imaginez les détails que vous pourriez remarquer quand vous voyez quelque chose pour la première fois et comment un seul détail peut attirer votre attention. À partir de ce détail découle toutes sortes de questions qui vont occuper votre esprit plus ou moins consciemment: « Qu’est-ce que ça fait là ? Pourquoi est-ce là ? Qu’est-ce que cela signifie ? Comment ça s’utilise ? … ». Plus vous êtes en mesure de comprendre ce stimulus, plus vous êtes en mesure de faire des liens logiques entre ce détail et d’autres qui lui sont proches. En faisant appel à votre mémoire, vous êtes en mesure de vous rappeler les questions que vous vous êtes déjà posées en rapport avec ce stimulus. Ces réponses entraîneront plus de questions. Le déficit d’inhibition latente se traduit généralement par des sens extrêmement pointus en raison du niveau de pensée, de traitement et de connexion logique qui a déjà été fait précédemment face à un stimulus ou à de multiples stimuli.


Prenons l’exemple d’une réunion, il y a 3 personnes en plus de vous. Un des participants est à distance, donc il a branché sa caméra et son micro. Vous entendez les bruits de chez lui, plus ou moins lointains (circulation, une chasse d’eau, des voix…), mais vous percevez aussi son image, la couleur de son t-shirt, une personne qui passe en arrière-plan, le flux qui pixelise… En plus de votre collègue qui est chez lui, vos deux collègues présents émettent aussi des informations sensorielles dont vous ne pouvez faire abstraction. Ils bougent, ils respirent, ils portent telles ou telles couleurs, ils s’expriment entre eux à voix basses parfois… Tout ceci vous arrive à l’esprit en même temps que d’autres facteurs que nombre de personnes ne remarquent pas : le cadre de travers dans votre champ de vision, un arbre qui s’agite sous le vent, la température de la pièce, l’humidité, vos mains qui sont peut-être moites, votre cœur qui bat dans votre poitrine, le collègue qui passe dans le couloir, les regards de vos collègues sur la présentation qui leur est faite ou encore l’odeur de cette collègue que vous aimez bien et qui est passée dans la pièce avant la réunion. Vous entendez vos pensées également qui viennent se superposer ou s’entremêler aux voix de vos collègues ou même se mélanger les unes aux autres.


Pour un zèbre, cette situation est banale. Je ne décris après tout qu’un moment trivial dans une journée et je me contente de faire une description assez synthétique de ce que je perçois. En réalité, la somme des informations est telle que je peine à être à ce que je fais totalement. Toutes les informations arrivent avec un même niveau de priorité. Pour moi, il n’existe pas de hiérarchie dans les informations intérieures et extérieures. Je peux donc très vite me retrouver submergé par tout ça et perdre le fil d’une discussion ou de ma pensée.


Au quotidien, le déficit d’inhibition latente possède quelques avantages. Il permet d’être très efficace dans la résolution de problèmes, l’analyse de données, la créativité, l’expression artistique et bien d’autres choses encore. Pourtant, la multitude des stimuli, au quotidien, entraîne une forme de surcharge mentale qui fait que j’aimerais depuis toujours posséder un bouton OFF et éteindre mon cerveau par moment.


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