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"La solitude m'a toujours accompagnée, de près ou de loin, comme elle accompagne tous ceux qui, seuls, tentent de voir et d'entendre, là où d'aucuns ne font que regarder et écouter" Françoise Dolto.
Par ces quelques mots, Françoise Dolto résume ce qu'est pour moi la solitude. Ma solitude, celle que je ressens au plus profond de moi, indépendamment du monde qui m'entoure. Je me sens seul, terriblement seul. La vie est pour moi comme un océan perpétuel de solitude où percent deci delà de petites lueurs que je n'arrive jamais vraiment à atteindre. Je me bats contre elle, comme je me battrai contre un courant qui m'entrainerait toujours plus loin au large. Amie fidèle, meilleure ennemie, je la déteste autant que je l'aime.
Au cours d'une journée, il m'arrive très souvent de l'appeler de mes vœux, de m'y abandonner tellement le monde me met mal à l'aise. Alors je décroche et je ne suis plus ni ici, ni maintenant, comme se plait à nous le demander cette société que je ne comprends pas. Ce décalage qui s'opère depuis mon enfance entre ce que je parais et ce que je suis, c'est sans aucun doute cela qui m'a conduit à la solitude, à l'éprouver plus qu'aucun autre sentiment. Pourtant si souvent j'aimerai me sentir comme les autres et me noyer dans leur douce naïveté, ne plus me poser de questions, vivre dans l'instant sans me soucier ni de ce qui est arrivé, ni de ce qui arrivera. Etre connecté au monde, aux gens.
Pourtant il est tellement bon de se sentir enveloppé par la douceur de la solitude. Elle est propice à ma réflexion, à mon écriture, à mon calme intérieur, comme si dans son sein, je redevenais moi, je mettais à bas ce masque que je dois sans cesse porter pour donner à mon entourage, personnel et professionnel, l'image d'une personne intégrée à notre société. Donner le change en quelque sorte, garder sous clefs mes états d'âme, mes émotions qui me submergent pour ne montrer de moi que ce visage "normal". Dans la solitude, je peux me ressourcer, revenir à mon être profond, sensible, doux, émotif. Dans ma forteresse, je me sens libre.
Ma solitude prend souvent, il faut bien le reconnaître un goût amer, car le défaut premier de la solitude, c’est que je suis seul… J’aime tellement le contacte des autres, leurs discussions souvent futiles, leurs rires, leurs pleurs, la joie et la peine, toutes ces émotions qui m’arrivent en vagues successives et me font me sentir un peu connecté à ce monde.
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